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SAM VOLTOLINI

Déconnecté

Spécialité :

PLASTICIEN ARCHITECTE

CV :

La structure faite de morceaux de bois préalablement soumis à l’épreuve du feu qui occupe le centre de l’espace alloué répond à un ensemble de désirs de l’architecte. Jouer la fragilité, le risque, le passage, mettre l’objet dans sa vérité latente, contre le pérenne, la conservation, le fini, l’inanimé. Le refus de la chose parfaite est ici clairement déclaré, il ne s’inscrit pas dans une esthétique de l’altération, mais dans le doute, l’instabilité d’un avant et d’un après qui met définitivement à mal la notion même de création immuable. Donner libre cours au projet d’une architecture altérable, qui vit, donc qui meurt, ou encore, comme ici, qui revit. En cela, et contrairement à l’impression première qui s’en dégage, le matériau calciné évoquant presque toujours la destruction et la mort, la construction, en raison même de ses incandescences passées, fait acte de vie, est porteuse d’espoir. Faire de l’architecture, c’est installer une existence. On l’associe ici à une galerie de photos, présences faites d’une absence qui contribuent au dispositif à part entière. Il s’agit de portraits de personnalités du milieu culturel et artistique, que nous remercions pour leur complicité bien involontaire dans ce sinistre architectural à l’envers. Les questions fusent quant aux motifs précis de cette mise en perspective en trompe-l’esprit. Au-delà du geste provocateur et quelque peu irrévérencieux que nous sommes bien en devoir d’assumer, écartons d’emblée quelques quiproquos et malentendus. Malgré le titre, ne pas voir dans les personnages en question comme un aréopage d’huissiers venus faire un constat, il serait trop pessimiste. Ni même, dans ce pays au passé de grand brûleur de sorcières, les membres d’un consistoire devant un bûcher encore fumant. Encore moins une tentative de brocarder la dépendance de l’artiste vis-à-vis des institutions, puisque celle-ci est totale. Osons à peine une métaphore possible, celle d’une scène artistique qui entre tenants et aboutissants tourne en rond en quête d’une radicalité perdue ou à découvrir. En définitive, tous les sens évidents ou cachés se dérobent devant l’émotion que procure l’ensemble, qui seule compte.